Par Norbert Staub, EEL de Toulouse.

Méditation pour les membres du conseil

Luc 9 v 62 « Jésus lui répondit : Celui qui regarde derrière lui au moment où il se met à labourer avec sa charrue n’est pas prêt pour le règne de Dieu. »

Lorsque j’étais enfant ou plutôt, lorsque j’étais ado, avec l’activité agricole (une petite exploitation du coté de ma mère) il m’est souvent arrivé de prendre le tracteur pour partir labourer les champs. Bien que le travail ne fût pas pénible, c’était une « contrainte » pour nous. C’était très long, pas grand-chose à faire sauf tenir le volant, avancer doucement et attendre que le temps passe. Bref rien de passionnant surtout que le visuel n’était pas flagrant : on voit un sillon s’ajouter aux précédents mais sans le recul pour apprécier la totalité. Le soir, la fatigue était là et on « pliait » rapidement le tracteur, la charrue pour rentrer à la maison et passer à autre chose. Pourtant le lendemain, nos parents venaient nous voir pour nous encourager car eux, ils ont pu voir tout le champ labouré et l’ensemble était magnifique même si les sillons n’étaient pas tous très droits ! Et nous on devait recommencer dans un autre champ…

Alors je crois que ce simple verset est toujours aussi fort pour nous aujourd’hui car il nous rappelle que le regard en arrière n’est pas toujours bon car se retourner au mauvais moment va automatiquement faire dévier le sillon. Il faut rester vigilant et garder un regard devant, sur l’objectif. Se tourner trop vers le passé pourrait nous entraîner vers des regrets, vers des frustrations et finalement nuire à l’accomplissement de la volonté de notre Seigneur.

Ici Jésus dit « au moment où… ». Il y a un temps pour tout, le passé peut nous aider, on peut se retourner, mais lorsque le labour commence, on ne se retourne plus !

Constater le chemin parcouru est bon, utile et encourageant pour avancer, mais il faut le faire au bon moment et dans l’objectif d’améliorer notre travail. Le risque de trop regarder en arrière c’est se figer et rester sur place (se figer dans le passé), stagner et risquer de ne plus vouloir avancer.

Le passé c’est le passé

Paul disait dans sa lettre aux Philippiens (3v13) « Je fais une seule chose : oubliant ce qui est derrière moi, et tendant toute mon énergie vers ce qui est devant moi, je poursuis ma course vers le but pour remporter le prix attaché à l’appel que Dieu nous a adressé du haut du ciel dans l’union avec Jésus-Christ. » Il ne faut pas perdre de vue notre objectif et savoir « oublier » le passé pour aller de l’avant, ou mieux saisir le passé pour mieux avancer vers notre objectif. Si on regarde en arrière, il faut se demander pourquoi : dans l’objectif d’avancer et non pour céder aux regrets/ remords/ nostalgie. Garder l’objectif en tête. Le passé c’est le passé ; le passé appartient au passé.

Lorsque je passais la charrue, en arrivant au bout du champ, on faisait un demi-tour pour le sillon suivant qui était voisin du précédent… et là, on pouvait constater la trajectoire du précédent sillon pour identifier les déviations, les défauts, et lors du nouveau sillon rectifier la trajectoire du suivant, mais toujours en avançant et le regard devant même avec le ½ tour. Les imperfections des précédents sillons sont toujours là, on ne peut plus les changer (le passé appartient au passé) mais le labourage continue en essayant d’améliorer avec le regard fixé devant en oubliant finalement le passé pour ne pas se cristalliser ou rester dans le passé ou la nostalgie.

Le résultat final n’était jamais totalement parfait (la perfection n’existe pas encore) mais on avançait en s’aidant du sillon précédent (du passé pour avancer dans le futur). L’objectif est bien sûr d’avancer, ne pas rester sur place face peut-être à une déception, un regard nostalgique ou de regret. Non, pour le labourage, il fallait simplement constater, observer puis prendre quelques décisions et repartir. Un bilan ponctuel, au bon moment, est positif pour améliorer, mais pas pour revenir en arrière.

Alors je me suis demandé ce qui pouvait altérer notre « labourage » spirituel, notre travail ici-bas jusqu’à oublier notre perspective, peut-être se sentir en panne dans notre mission de conseiller d’église.

Je vous soumets simplement quelques questions qui pourraient perturber notre avance et nous figer dans le passé :

* Quelle est la place de Jésus dans ma vie ?

* Est-ce que mon regard est plus souvent dans le passé ou plutôt fixé sur Jésus ?

* Est-ce que je prends plaisir à l’exercice de la prière, de la méditation et plus généralement à nos rencontres du conseil ?

* Est-ce que je remercie Dieu pour la confiance votée par nos frères et sœurs d’être au conseil ?

* Est-ce que je ronchonne ou est-ce que je suis dans la joie pour notre travail ensemble ?

* C’était quand même bien mieux avant, aujourd’hui le rôle de conseiller n’est plus ce que c’était !

* Est-ce que ma conscience est en paix ?

* Oui mais le vendredi tombe vraiment mal car j’ai mes rencontres sportives favorites…

Et nous pouvons ajouter plein de choses à cette liste. Mais n’oublions pas une chose essentielle, n’oublions pas le règne de Dieu en perspective dans notre labour, Dieu qui est tout-puissant. Et si nous sommes en panne, si le doute est là ou si nous avons l’impression de piétiner, Il peut aussi nous secourir. Nous pouvons demander à Dieu de renouveler dans nos forces, dans notre foi, dans notre charge d’ouvrier.