A l’approche de Pâques, nous vous proposons cet article sur les fins comme des étapes inévitables dans les processus de transition.


Par Helen Watts, auteur du blog WattsYourPathway? Finding YOUR way through Transition.

Traduit de l’anglais avec la permission de l’auteur.


L’un des aspects essentiels d’une transition est que celle-ci implique une fin. William Bridges en définit les étapes dans son livre La voie de la transition – Fins, zones neutres et nouveaux départs. Il décompose également les fins en éléments plus petits, que je vais évoquer dans cet article, dans le cadre du changement.

Si vous ne reconnaissez pas vos fins, il vous sera difficile de passer par la zone neutre et de prendre de nouveaux départs, car certaines choses resteront inachevées.

Réfléchissez à la manière dont chacune de ces étapes s’applique à vous, là où vous en êtes dans votre transition en ce moment.

Désengagement

C’est la partie séparation physique de la transition. Vous êtes séparé d’un endroit familier, et vous cessez de recevoir les signaux et les indices associés à votre « terre d’accueil ». Ces signaux vous indiquent comment vivre, comment être.

Mais – et c’est un grand « mais » – le fait de partir ne vous débarrasse pas de l’infrastructure que vous aviez mise en place en réponse à ces signaux. Vous avez intégré en vous ces réponses sur la façon de vivre votre vie intérieure. Il faut donc un certain temps pour que cela change une fois que vous avez cessé de recevoir les signaux.

Démantèlement

Tout doit être déconstruit. Les vieilles habitudes, les comportements et les pratiques qui vous faisaient vous sentir vous-même dans votre culture d’accueil doivent être démantelés, morceau par morceau. Vous devez les examiner et déterminer ceux qui sont encore appropriés.

Passez du temps à défaire votre relation avec votre ancienne identité, et les personnes ou les relations que vous avez perdues. Gardez à l’esprit qu’un remodelage demande presque toujours plus de temps et d’efforts que la construction de quelque chose de nouveau.

Désidentification

C’est le côté interne du désengagement. Vous avez perdu certaines des anciennes façons de vous définir, et vous éprouvez probablement une certaine incertitude quant à votre identité actuelle.

La désidentification consiste à défaire les liens avec la personne que vous pensiez être afin de pouvoir faire la transition vers une nouvelle identité.

Désenchantement

Il s’agit de votre découverte du fait que, à certains égards, votre ancien monde n’est plus réel. Cela se produit naturellement lorsque nous grandissons et changeons – nous nous rendons compte que ce que nous pensions être vrai n’est pas tout à fait juste, et nous devons nous adapter et nous ajuster à ce que nous savons maintenant.

Il y a un sentiment que votre ancienne identité était uniquement dans votre tête, parce qu’elle ne s’applique plus – votre ancien paradigme ne fonctionne plus.

Ce sentiment de désenchantement est le signal que le temps est venu de regarder sous la surface de ce que vous pensiez être la réalité. C’est un signe que vous êtes prêt à voir et à comprendre plus que vous ne le faisiez auparavant.

Mais c’est aussi un endroit où il est possible de perdre ses illusions, ce qui peut vous faire tourner en rond et vous bloquer si vous ne faites pas attention.

Désorientation

Vous êtes alors désorienté. Vous vous sentez perdu ? Confus ? Un peu comme un naufragé ? Les transitions peuvent être un moment où les choses ordinaires prennent un caractère un peu irréel.

Il peut s’agir d’un moment significatif, mais pas nécessairement agréable. Il n’est pas étonnant que cette transition soit épuisante – elle peut parfois totalement désorienter.

S’éloigner de la fin

Vous entrez alors dans la zone neutre. Un temps de néant, qui réveille la peur de la mort et de l’abandon.

Avant de pouvoir prendre un nouveau départ, vous devez traverser cette zone neutre, ou espace liminal (seuil). Ce n’est pas un endroit facile, mais il peut être enrichissant si vous êtes capable de vous y tenir.

Une métaphore pour Pâques

Quelles que soient vos croyances, pensez un instant à l’histoire de Pâques.

Le Vendredi saint, lorsque Jésus a été crucifié, il y a eu une fin. Une fin très claire. La mort. C’était une façon de se jeter dans la transition. Ce n’était pas tout à fait prévu, même par ceux qui connaissaient le mieux Jésus.

Alors, le vendredi soir, que se passe-t-il pour ses disciples ? Pensez aux phases que je viens de décrire, à certaines des pensées qui en découlent et aux questions que vous vous posez peut-être :

  • Désengagement de Jésus – Faire face au fait qu’il ne soit plus là ; je ne peux plus le suivre.
  • Démantèlement – Je pensais être un disciple ; le suis-je encore ? Je ne peux plus faire ce que je faisais jusqu’à présent.
  • Désidentification – Qui suis-je maintenant, où est-ce que tout cela me mène ?
  • Désenchantement – Jésus était-il réel ? Est-ce que je crois ce que j’ai fait il y a une heure ou deux ? – Mais je pensais qu’il allait vaincre les Romains ? Ai-je tout inventé ?
  • Désorientation – Je suis complètement perdu.

Et c’est ainsi que ses disciples se retrouvent le samedi de Pâques sans aucune idée de ce que les choses pourraient devenir ; dans le noir ; perdus ; coincés ; sans savoir comment cela va se passer et s’ils ont eu raison de le suivre ou non.

Ce que vous ne pouvez pas voir ou sentir ou même espérer pendant le samedi de Pâques, c’est que le dimanche de Pâques approche à grands pas. Le dimanche de Pâques apporte une nouvelle vie et un nouvel espoir. La résurrection vers quelque chose de nouveau – pas exactement la même chose qu’avant, mais transformée. Et personne ne l’a vraiment vu venir.

Si vous êtes au milieu du samedi de Pâques, rappelez-vous que le dimanche viendra. Il n’apparaîtra peut-être pas du jour au lendemain, mais il viendra.

Ne cessez pas d’espérer. Et si vous avez du mal à garder l’espoir, tendez la main à quelqu’un qui peut vous aider à garder cet espoir.

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